Tôt ou tard, presque chaque étudiant doit mener sa propre recherche : un TFE (travail de fin d'études) en Belgique, un mémoire de bachelier ou de master, un mémoire de master en France, un travail de maturité en Suisse ou un projet de recherche au lycée. Créer un questionnaire pour son mémoire est souvent la manière la plus pratique de récolter ses propres données. Il se diffuse vite, touche bien plus de monde que des entretiens, et donne des chiffres que vous pouvez comparer et représenter en graphiques.
C'est aussi un exercice facile à rater. Un questionnaire aux questions vagues ou orientées produit des réponses inutilisables, et on ne s'en rend compte en général qu'à l'approche de l'échéance. Ce guide explique quand un questionnaire est la bonne méthode, comment rédiger des questions qui donnent des données propres, ce qu'il faut prévoir pour la vie privée et le consentement, et comment créer et diffuser votre questionnaire avec TinyForms.
En bref :
- Partez de votre question de recherche, pas des questions que vous aimeriez poser.
- Gardez le questionnaire court : cinq à dix minutes, un thème par page.
- Une seule chose par question, des mots neutres, des options de réponse qui ne se chevauchent pas.
- Testez-le sur trois à cinq personnes avant de le diffuser.
- Demandez le consentement dès le début, ne collectez pas plus de données personnelles que nécessaire, et exportez vos résultats à temps.
Pourquoi un questionnaire est une bonne méthode pour un mémoire (et quand il ne l'est pas)
Le questionnaire est la méthode quantitative par excellence. Il est fort quand vous voulez savoir combien, à quelle fréquence ou dans quelle mesure, et quand vous voulez comparer des groupes. Combien d'élèves de votre école ont un job étudiant ? Les élèves qui dorment moins jugent-ils leur concentration plus faible ? Les membres plus âgés du club sont-ils plus satisfaits que les plus jeunes ? Voilà des questions faites pour un questionnaire.
Il est plus faible quand vous voulez comprendre en profondeur pourquoi les gens font quelque chose. Dans un questionnaire, les questions ouvertes reçoivent des réponses courtes, et vous ne pouvez pas relancer. Pour cela, les entretiens (une méthode qualitative) fonctionnent mieux. Beaucoup de bons travaux combinent les deux : un questionnaire pour la vue d'ensemble, et trois ou quatre entretiens pour expliquer ce que montrent les chiffres.
D'autres avantages comptent pour un TFE ou un mémoire :
- La rapidité. Un questionnaire peut récolter cent réponses en une semaine. Cent entretiens prendraient des mois.
- Des réponses comparables. Tout le monde répond aux mêmes questions avec les mêmes options, ce qui permet de compter et de comparer.
- Les répondants répondent quand cela leur convient. Le taux de réponse s'en trouve amélioré, surtout chez les personnes occupées comme les parents et les enseignants.
- Vos données sont numériques dès le départ. Pas de questionnaires papier à retaper : vous exportez directement vers Excel, Google Sheets, SPSS ou R.
Avant d'écrire la moindre question
Partez de votre question de recherche
Écrivez votre question de recherche (votre problématique) et découpez-la en sous-questions. Pour chaque question que vous envisagez d'ajouter au questionnaire, demandez-vous à quelle sous-question elle répond. Si la réponse est « aucune, mais ce serait intéressant », laissez-la de côté. Chaque question en plus vous coûte des répondants.
Définissez qui vous voulez interroger
Votre population est le groupe sur lequel portent vos conclusions : tous les élèves d'une même année, tous les membres du club, tous les parents de l'école. Votre échantillon, ce sont les personnes qui répondent réellement. Soyez honnête dans votre travail sur la mesure dans laquelle le second représente le premier. Un questionnaire diffusé uniquement dans votre classe dit quelque chose de votre classe, pas « des jeunes ».
Combien de réponses vous faut-il ?
Pour un travail qui décrit un groupe, 50 à 100 réponses suffisent en général pour dire quelque chose de pertinent. Si vous voulez comparer des groupes (par exemple les garçons et les filles, ou les élèves de première et de dernière année), visez au moins 30 réponses par groupe. Pour un mémoire, votre promoteur (ou directeur de mémoire) a souvent des attentes : renseignez-vous tôt. Plus que le nombre exact, ce qui compte est de décrire votre échantillon et ses limites avec honnêteté.
Rédiger de bonnes questions
Une seule chose par question
« Êtes-vous satisfait des repas et des prix de la cantine ? » pose deux questions. Quelqu'un qui aime les repas mais les trouve chers ne peut pas répondre. Faites-en deux questions.
Une formulation neutre
« Êtes-vous d'accord pour dire que la journée d'école est beaucoup trop longue ? » pousse les gens vers le oui. « Comment trouvez-vous la durée de la journée d'école ? », avec des options allant de « beaucoup trop courte » à « beaucoup trop longue », ne le fait pas.
Des options qui couvrent tout et ne se chevauchent pas
Les tranches d'âge « 12 à 14 ans » et « 14 à 16 ans » se chevauchent à 14 ans. « 0 à 2 heures » et « 3 à 5 heures » laissent un trou. Vérifiez chaque série d'options, et ajoutez « autre » ou « je ne sais pas » là où quelqu'un pourrait ne pas s'y retrouver.
Utilisez les échelles de manière cohérente
Pour les opinions, une échelle à cinq points (dite échelle de Likert) fonctionne bien : pas du tout d'accord, pas d'accord, neutre, d'accord, tout à fait d'accord. Donnez un libellé à chaque point, pas seulement aux extrémités, et gardez le même sens dans tout le questionnaire pour que les répondants n'aient pas à changer de logique.
Les questions faciles d'abord, les questions personnelles à la fin
Commencez par des questions simples et factuelles pour mettre les gens en route. Les questions de profil comme l'âge, la classe ou le genre vont à la fin : à ce stade, les répondants se sont investis dans le questionnaire et acceptent plus volontiers d'y répondre.
Restez bref
Cinq à dix minutes, c'est la limite pour la plupart des répondants, et moins, c'est mieux. Indiquez la durée sur la première page (« cela prend environ 6 minutes ») et tenez cette promesse.
Exemples : de la question faible à la bonne question
| Question faible | Pourquoi elle ne marche pas | Mieux |
|---|---|---|
| Utilisez-vous beaucoup les réseaux sociaux ? | « Beaucoup » ne veut pas dire la même chose pour tout le monde | Lors d'une journée d'école ordinaire, combien d'heures passez-vous sur les réseaux sociaux ? (moins de 1 h, de 1 h à moins de 2 h, de 2 h à moins de 3 h, de 3 h à moins de 4 h, 4 h ou plus) |
| Ne trouvez-vous pas que les devoirs sont inutiles ? | Orientée, et une question à la forme négative prête à confusion | Dans quelle mesure vos devoirs vous sont-ils utiles ? (pas du tout utiles ... très utiles) |
| Faites-vous du sport et mangez-vous sainement ? | Deux questions en une | Deux questions séparées |
| Quel âge avez-vous ? (12 à 14, 14 à 16, 16 à 18) | Des options qui se chevauchent | 12 ou 13 ans, 14 ou 15 ans, 16 ou 17 ans, 18 ans ou plus |
Testez avant de diffuser
Demandez à trois à cinq personnes de votre public cible de remplir le questionnaire pendant que vous regardez, ou de vous dire ensuite où elles ont hésité. Vous trouverez presque toujours une question comprise autrement que prévu. La corriger à ce moment coûte cinq minutes ; la découvrir après cent réponses vous coûte vos données.
Vie privée, consentement et éthique de la recherche
Même un questionnaire scolaire collecte des données sur des personnes : traitez-les avec soin. Votre enseignant ou votre promoteur l'appréciera, et pour un mémoire, c'est souvent exigé.
- Expliquez dès le début qui vous êtes, sur quoi porte la recherche, combien de temps prend le questionnaire, que la participation est volontaire, ce que deviennent les réponses et comment vous joindre.
- Demandez le consentement avec une case à cocher obligatoire avant la première question.
- Ne collectez que ce dont vous avez besoin. Si le questionnaire est anonyme, ne demandez ni nom ni adresse e-mail. Des questions de profil en grandes catégories (une tranche d'âge plutôt qu'une date de naissance) rendent plus difficile l'identification d'une personne.
- Les mineurs. Si vos répondants sont mineurs, vérifiez auprès de votre école ou de votre promoteur (ou directeur de mémoire) si l'accord des parents est nécessaire.
- Soyez précis sur le mot « anonyme ». Comme la plupart des outils de formulaires en ligne, TinyForms enregistre l'adresse IP et le navigateur de chaque réponse pour protéger les formulaires contre le spam, et l'adresse IP figure dans une colonne de l'export. Supprimez cette colonne avant d'analyser ou de partager vos données, et écrivez « les réponses sont traitées de manière anonyme » plutôt que de promettre quelque chose de techniquement plus strict.
- Supprimez ce dont vous n'avez plus besoin. Gardez les données brutes jusqu'à ce que votre travail soit évalué, puis supprimez-les.
Créer votre questionnaire en ligne avec TinyForms
Étape 1 : partez d'un modèle ou d'un formulaire vierge
Créez un compte gratuit et commencez un nouveau formulaire, ou copiez le modèle de questionnaire de satisfaction et adaptez ses questions à votre recherche.
Étape 2 : rédigez votre introduction et le consentement
Ajoutez en haut un paragraphe avec les explications ci-dessus, suivi d'une case de consentement obligatoire : « J'ai lu les informations ci-dessus et j'accepte de participer. »
Étape 3 : découpez le questionnaire en pages
Utilisez des sauts de page pour mettre un thème par page. Le répondant voit une page courte plutôt qu'un long défilement, ce qui paraît plus rapide et pousse plus de personnes à aller jusqu'au bout.
Étape 4 : choisissez le bon type de question
- Une seule réponse dans une liste : des boutons radio. C'est aussi la façon la plus simple de construire une échelle d'accord à cinq points, quelle que soit votre offre.
- Plusieurs réponses : des cases à cocher, idéalement avec une option « autre ».
- Un nombre : une question de type nombre avec un minimum et un maximum, pour que personne ne réponde « 15 heures » à « combien d'heures dormez-vous ».
- Une réponse ouverte : une zone de texte, mais avec modération. Les réponses ouvertes prennent beaucoup de temps à analyser.
Les offres payantes ajoutent une question d'évaluation et un curseur, mais vous n'en avez pas besoin : une échelle en boutons radio avec un libellé par point donne les mêmes données. L'article sur les types de champs présente toutes les possibilités.

Étape 5 : sautez les questions qui ne s'appliquent pas
Avec la logique conditionnelle, une question n'apparaît que si une réponse précédente la rend pertinente. Quelqu'un qui répond « non » à « Avez-vous un job étudiant ? » ne voit jamais les questions sur les heures de travail. Le questionnaire reste court et vos données restent propres.
Étape 6 : prévisualisez, testez et publiez
Prévisualisez le formulaire, faites-le remplir par vos testeurs, corrigez ce qui les a fait trébucher, puis publiez. Supprimez les réponses de test avant de partager le vrai lien.
Étape 7 : partagez le lien et le code QR
Partagez le lien là où se trouve déjà votre public cible : groupes de classe, plateforme de communication de l'école, réseaux sociaux, newsletter d'un club. Imprimez le code QR sur une affiche pour le couloir ou la cafétéria. Les répondants n'ont pas besoin de compte.
Étape 8 : exportez et analysez
Exportez vos réponses en CSV ou vers Excel. Chaque question devient une colonne et chaque répondant une ligne, un format qui s'ouvre directement dans Excel, Google Sheets, SPSS, JASP ou R. Tous les détails sont dans exportation et statistiques.
Ce qu'il faut savoir sur l'offre gratuite
L'offre gratuite suffit pour la plupart des TFE et des mémoires, mais vérifiez trois limites avant de commencer :
- 100 réponses par mois. C'est assez pour un travail classique. Si vous en attendez plus, étalez la collecte sur deux mois ou regardez du côté d'une offre payante.
- Les réponses sont conservées 30 jours au maximum. Sur l'offre gratuite, les réponses sont supprimées automatiquement à la fin de la durée de conservation. Exportez vos données régulièrement, et en tout cas avant la fin de cette période.
- Les graphiques sont payants. L'onglet Statistiques, avec un graphique par question, fait partie des offres payantes. Sur l'offre gratuite, vous réalisez vos graphiques à partir de l'export, ce que vous ferez de toute façon pour votre travail écrit.
Les nouveaux espaces de travail démarrent avec un essai de l'offre Pro pendant 14 jours, ce qui vous permet d'essayer les graphiques. La page des tarifs détaille toutes les limites.
Obtenir assez de réponses
- Demandez personnellement. Un message à quelqu'un que vous connaissez marche bien mieux qu'un lien dans un grand groupe.
- Expliquez pourquoi c'est important. « C'est pour mon TFE et ça prend cinq minutes » est honnête et efficace.
- Choisissez le bon moment. Pas pendant le blocus ou les révisions, ni pendant les examens ou les vacances.
- Relancez une seule fois, après une semaine environ. La plupart des réponses supplémentaires arrivent le jour de la relance.
- Remerciez. Sur la page de remerciement, et quand vous partagez vos résultats par la suite.
Questions fréquentes
Combien de répondants faut-il pour un TFE ou un mémoire ?
En général, 50 à 100 réponses suffisent pour décrire un groupe, et au moins 30 par groupe si vous voulez comparer des groupes. Plus important que le nombre : décrire qui a répondu et ce que cela implique pour vos conclusions.
Mon questionnaire est-il anonyme ?
Seulement si vous ne demandez ni nom, ni adresse e-mail, ni autre information qui permet d'identifier quelqu'un. TinyForms enregistre l'adresse IP de chaque réponse contre le spam ; retirez cette colonne de votre export avant d'analyser ou de partager les données.
Puis-je analyser les résultats dans SPSS, R ou Excel ?
Oui. L'export est un fichier CSV ou Excel standard avec une colonne par question, que tous les outils d'analyse savent lire.
Puis-je utiliser TinyForms pour un mémoire de bachelier ou de master ?
Oui. TinyForms est hébergé dans l'UE et conçu en tenant compte du RGPD, ce qui aide quand votre établissement demande où vos données sont stockées. Vérifiez tout de même si votre université ou votre haute école impose un outil précis pour les données de recherche.
